L’anis Amourette. Son Histoire  de 1915  à nos jours     

Un ancêtre du Pernod !  
Comme souvent tout part de l’absinthe …mais cela ne se passe pas en Suisse ou à Pontarlier mais à Montreuil, suivez le guide…  

Ariste Hémard naît le 7 novembre 1847 dans l'Eure-et-Loir à Ormeville. Il arrive à Paris en 1863 chez son oncle, distillateur liquoriste, rue du Roi-de-Sicile. C'est là qu'il s'initie à l'élaboration des liqueurs, dormant six heures par nuit, travaillant dix-huit heures par jour.
Ensuite, il s'exerce dans différents laboratoires: Ruinets frères, Lexcellent et Chevassu, Lucas et enfin chez Guerin-Matière et Androt installés 9, rue du Pré ( actuellement Rue du Général-Gallieni ), à Montreuil. 

Il prend la direction de cette distillerie, fondée en 1840, dès le mois de mai 1870. La guerre de 1870 le voit mobilisé en août; fait prisonnier, il s'évade et reprend le combat. Il retourne à Montreuil après la défaite de 1871. Il devient propriétaire de la distillerie du 9, rue du Pré , par acte notarié passé le ler novembre 1871, par devant Maître Robillard notaire. Il se marie en 1872 et, pour étendre son activité croissante, achète au 87 de la rue de Paris près de quatre mille mètres carrés de terrain. Il se consacre à sa distillerie qui produit: sirop, absinthe, gentiane, calvados, marc...

En 1900, démangé par le démon de la politique, il se présente aux élections municipales. Élu, il reste un patron « socialiste chrétien ». Patron dur et intransigeant d'un côté, maire créateur d'un secours médical, d'une caisse de retraite pour ses ouvriers de l'autre. Il participe à la création des colonies de vacances de Montreuil. Il fonde le secours à domicile pour les « vieillards les plus déshérités ». En 1906, son usine compte soixante-dix personnes et outre les rhum, vermouth et quinquina, produit de l'eau de dentifrice et de l'eau de Cologne.

Hélas, en 1915 I'interdiction de l'absinthe,frappe de plein fouet l'activité de la distillerie. L'anis « Amourette » est lancé pour combattre cette interdiction et continuer de faire vivre les cinq cents personnes que la firme emploie.

C'est André Hémard, qui avait repris dès 1905 le flambeau paternel, qui transforme en 1920 l'affaire en société anonyme au capital de dix millions de francs. Pour mettre fin à une concurrence très vive, la SA Hémard, la maison Pernod fils et les établissements Pernod Père et Fils décident d'unir leurs efforts et se regroupent pour créer la société des établissements Pernod en 1928. Son capital est porté à quarante-cinq millions de francs dès 1930. André Hémard apporte à cette société son établissement industriel et commercial de distillerie, les marques, les formules, les procédés de fabrication...

C'est donc dans l'usine de Montreuil que huit alambics fonctionnent jour et nuit, produisant les esprits, base de la liqueur Pernod. Ces esprits, provenant directement de la distillation des plantes sont ensuite purifiés sous pression dans des filtres à amiante qui travaillent à la cadence de huit mille litres à l'heure. Dans un bruit d'enfer et une odeur entêtante, les groupes de tirages automatiques assurent le transport, la mise en bouteille et le bouchage de plus de quatre mille bouteilles à l'heure.

Pour être complet :

  •  En 1975  Jean Hémard ( fils de André ) et Paul Ricard fondent le groupe Pernod –Ricard

  •  Actuellement la famille Hémard à toujours un représentant dans le conseil d’administration du groupe Pernod-Ricard . Une représentante devrait-on dire puisqu’il s’agit de Françoise Hémard.